Si vous ne pouvez plus fumer des cigarettes de tabac, fumez des cigarettes électroniques… Des cigarettes comment ? « Electroniques »… vous avez bien lu. Les distributeurs rêvent d’en faire l’un des derniers gadgets à la mode.
La cigarette électronique ressemble (presque) à n’importe quelle « blonde à bout filtré » mais il n’y a ni papier ni tabac et la fumée qui s’échappe n’est que de la vapeur d’eau mélangée à des produits présentés comme totalement inoffensifs. « La personne qui fume n’absorbe aucune substance toxique et il n’y a aucun risque de tabagisme passif pour son entourage », affirme Stéphane Pader, un Toulousain qui commercialise ce produit sous la marque EdSylver. Le petit manuel offert aux « e-fumeurs » précise toutefois que le produit utilisé contient de la nicotine, qui peut provoquer une forte dépendance. « Fumer tue, ne commencez pas », est-il également judicieusement rappelé à plusieurs reprises.
Des qualités très différentes. La cigarette électronique a été inventée aux Etats-Unis au début des années 2000. Différents modèles – en général made in China – sont aujourd’hui disponibles sur le marché. Les « experts » estiment qu’ils ne présentent pas tous les mêmes garanties, sans toujours préciser quelles garanties ils pensent.
En France, les revendeurs comptent beaucoup sur la récente interdiction de fumer dans les lieux publics pour assurer la promotion de leur produit. « En principe, on devrait pouvoir l’utiliser dans les cafés, les restaurants ou les discothèques. Mais comme il n’est pas encore très connu, les responsables des établissements et leurs clients croient encore que l’on fume une cigarette classique. Il faut alors leur expliquer la différence et leur montrer qu’il n’y a aucun danger », constate Stéphane Pader.
La cigarette electronique est en fait un petit cylindre en trois parties, un peu plus long et plus lourd qu’une vraie. Le faux filtre est un inhalateur dans lequel on glisse une cartouche de vaporisation remplie de liquide contenant ou non de la nicotine. Il s’insère dans un atomiseur-pulvérisateur qui est ensuite lui-même vissé à une batterie équipée d’un indicateur lumineux à son extrémité. Mise en service, la batterie doit être chargée pendant huit heures. Chaque fois que le fumeur tire sur la cigarette, un voyant rouge simulant le bout incandescent d’une vraie « clope » s’allume.
300 inhalations. C’est en aspirant que le fumeur déclenche le système. Il inhale alors un mélange vaporisé à une température de l’ordre de 50 degrés, comparable à celle produite par la combustion d’une cigarette normale. Il rejette ensuite une fumée plus légère que celle du tabac, sans odeur et, promet-on, sans risque pour l’entourage.
La cartouche de vaporisation qui se place dans le « filtre » a une durée de vie de 300 inhalations, ce qui correspond, à peu prés, à un paquet de 20 cigarettes. Elle doit être utilisée dans les deux semaines qui suivent son introduction dans la cigarette électronique. EdSylver propose quatre dosages différents : 18 milligrammes de nicotine, 14, 11 et 0. La boite de 5 cartouches est vendue 8,90€. Le kit de départ avec deux batteries lithium, un pulvérisateur et 5 cartouches est commercialisé au prix de 89 euros.
Ce qu’ils en disent. La cigarette a été testée par plusieurs fumeurs du dernier bastion de non-repentis de la rédaction de « Sud Ouest ». Les premières réactions de ceux qui ont acceptés de jouer cobayes ont été assez mitigées. Ceux qui ont aimé ont surtout critiqués le parfum de la cigarette et le « look » de l’objet. Les autres ont assuré qu’ils retrouvaient les sensations d’une vraie cigarette ou estimé qu’ils pourraient l’utiliser avec plaisir au cours d’une déjeuner. Histoire de ne pas perdre les mauvaises habitudes. Est-ce bien raisonnables ?